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Alexander von Humboldt: „Lettre de Humboldt à J.-C. Delamétherie, sur l’absorption de l’oxygène par les terres simples“, in: ders., Sämtliche Schriften digital, herausgegeben von Oliver Lubrich und Thomas Nehrlich, Universität Bern 2021. URL: <https://humboldt.unibe.ch/text/1799-Lettre_de_Humboldt_absorption-1> [abgerufen am 31.01.2023].

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https://humboldt.unibe.ch/text/1799-Lettre_de_Humboldt_absorption-1
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Titel Lettre de Humboldt à J.-C. Delamétherie, sur l’absorption de l’oxygène par les terres simples
Jahr 1799
Ort Paris
Nachweis
in: Journal de physique, de chimie, d’histoire naturelle et des arts 5:2 [= 48:2] (Pluviôse an 7 [Januar/Februar 1799]), S. 132–135.
Postumer Nachdruck
Humboldt. Correspondance inédite scientifique et littéraire, herausgegeben von Jean Bernard Marie Alexandre Dezos de La Roquette, 2 Bände, Paris: E. Ducrocq 1865/1869, Band 1, S. 55–60.

Die Jugendbriefe Alexander von Humboldts 1787–1799, herausgegeben von Ilse Jahn und Fritz G. Lange, Berlin: Akademie 1973, S. 646.

Ludwig Achim von Arnim, Werke und Briefwechsel, Historisch-kritische Ausgabe, in Zusammenarbeit mit der Stiftung Weimarer Klassik und Kunstsammlungen herausgegeben von Roswitha Burwick, Lothar Ehrlich, Heinz Härtl, Renate Moering, Ulfert Ricklefs und Christof Wingertszahn, Tübingen: Niemyer 2007, Band 2, Naturwissenschaftliche Schriften 1, herausgegeben von Roswitha Burwick, S. 89–90.
Sprache Französisch
Deutsche Übersetzung dieses Textes
Schriftart Antiqua
Identifikation
Textnummer Druckausgabe: I.90
Dateiname: 1799-Lettre_de_Humboldt_absorption-1
Statistiken
Seitenanzahl: 4
Zeichenanzahl: 7209

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LETTRE DE HUMBOLDTA J.-C. DELAMETHERIE, Sur l’absorption de l’oxigène par les terres simples.

J e vois, par une lettre que Saussure fils vient de vous adresser,que ce physicien révoque en doute mes expériences sur l’absorp-tion de l’oxigène par les terres humectées. Il regarde cetteabsorption «comme une découverte importante; mais il croit«pouvoir assurer que cette décomposition de l’air atmosphé-«rique par les terres n’a pas lieu, quand ces dernières sont dé-«pourvues de toute substance végétale, et que l’on n’employe «pas de l’eau bouillie». Lorsqu’on annonce avoir travaillé sur des terres simples, dans les laboratoires d’un Vauquelin et d’un Fourcroy, c’estassez dire qu’on s’est servi de terres dépouillées de substancesvégétales et d’une eau distillée. J’ignore pourquoi Saussure fils n’a pas pu voir l’absorption de l’oxigène dans les expériencesqu’il dit avoir faites sur l’alumine, la chaux. .... Je sais quecertaines affinités n’agissent qu’à un certain degré d’humi-dité. Je ne prononce pas sur la saturation d’oxigène que l’ondoit admettre dans les terres humectées et exposées au soleil.Accoutumé à consulter la nature, par la voie de l’expérience,je n’ose point hasarder au-delà des faits que j’ai observés. Jeregarde même (ainsi que je l’ai déjà annoncé dans mon Mémoiresur les terres) comme très-problématique: si ce sont les basesterreuses qui se combinent avec l’oxigène, ou si (ce qui n’est pas |133| moins étonnant) ces bases donnent à l’eau la propriété de dissoudre l’oxigène. Je ne prononce que sur ce que j’ai vu, etce que j’ai vu avec d’autres accoutumés à mieux voir que moi.Dans plus de trente à quarante expériences faites avec de l’alu-mine, de la chaux, de la baryte..... l’air a été, ou réduit enazote pur, ou desoxigéné, jusqu’à 0,02 à 0,09. Je demande sijamais chimiste a converti de l’air atmosphérique en azote pur, en le mettant en contact avec de l’eau de source bouillie ou dis-tillée? L’azotation que subit l’air par une eau quelconque, neva qu’à un certain degré que j’ai déterminé par un grand nombred’expériences exposées dans mon ouvrage sur la moffette desmines. Au mois de février, je décomposai l’air atmosphérique par unargille grisâtre, tirée d’une mine de sel gemme, à 40 toises deprofondeur. Il ne resta que 0,01, ou 0,02 d’oxigène. Plusieursmois après je vis, avec l’illustre Vauquelin, que l’argille blanchede Montmartre absorba à une température de 14 à 17° Réaum.plus d’oxigène atmosphérique que le phosphore. En travaillantsur l’humus et les oxides de carbone et d’hidrogène qu’il con-tient, je mis des terres simples humectées en contact avec l’air.En 9 jours, je trouvai un azote tout pur. Je portai une partie dece résidu à Fourcroy et à Vauquelin. Je l’analysai sous leursyeux par le gaz nitreux; nous trouvâmes qu’il n’y avoit aucunediminution du gaz. Etonnés de la singularité de ce phénomène,ces deux chimistes célèbres m’engagèrent de répéter mes expé-riences sur les terres dans leurs laboratoires. Ce travail se fitdans les dernières décades que je passai à Paris, il se fit conjoin-tement avec mon ami Tassaert, dont la grande exactitude dansles analyses chimiques devoit me garantir des erreurs que jepouvois commettre. Les expériences faites dans les laboratoiresde Vauquelin et de Fourcroy, donnèrent les mêmes résultats quecelles que je répétai chez moi, et il parut inutile de constaterdavantage un phénomène aussi simple que curieux pour la phy-siologie végétale. Voilà le récit fidèle de la manière dont j’ai suivi mon travailsur les terres. Vous jugerez vous-même si quelques expériences négatives suffisent pour en prouver l’inexactitude que Saussure vous annonce. Plus on travaille soi-même, et plus on reconnoîtcombien il faut suspendre son jugement, en ne voyant pas d’abordles mêmes phénomènes que d’autres chimistes ont observés. Ce que le physicien de Genève vous annonce sur mes recher-ches eudiométriques ne m’a pas paru clair. Jamais je n’ai con-seillé d’essayer l’air par le gaz nitreux et le sulfate de fer. Mon |134| mémoire sur le gaz nitreux, et celui de Vauquelin, sur le sulfatede fer, prouvent assez que cette dernière substance (commel’acide muriatique oxigéné) ne me sert qu’à déterminer la quan-tité d’oxigène qu’il faut pour saturer un centième de gaz nitreux,ou à réduire les degrés de l’eudiomètre de Fontana en millièmesd’oxigène. Il n’est donc pas question du tout d’une analyse parle sulfate de fer; mais les chimistes éclairés jugeront si avantmes expériences, on a connu exactement la quantité d’azote con-tenu dans le gaz nitreux, la formation du nitrate d’ammoniaquepar ce même gaz et l’eau distillée.....? Un grand nombred’expériences prouvent d’ailleurs que la solution du sulfate defer employée à une température de 30 à 40 degrés, absorbe jus-qu’au dernier atôme de gaz nitreux mêlé à l’azote. Car, enintroduisant du gaz oxigène, le volume du résidu n’est pas dimi-nué. La connoissance de la manière dont agit le sulfate de fersur le gaz nitreux (connoissance que l’on doit à la sagacité de Vauquelin) a donc beaucoup contribué à perfectionner le tra-vail eudiométrique. — Quant à l’eudiomètre à phosphore, ilassure que j’en ai mal déterminé les limites de l’erreur, quoi-qu’il avoue lui-même que cet instrument laisse un résidu de0,06 à 0,07 d’oxigène. J’ai vu très-souvent des absorptions de 0,25;mais aussi de 0,17, selon que la combustion étoit rapide ou lente,et selon que la forme du vase permettoit à l’oxigène atmosphériqued’échapper au contact du phosphore. J’ignore donc si l’eudio-mètre à phosphore peut être préféré à celui de Fontana, quiabsorbe nettement, et dans lequel (si l’on veut opérer exacte-ment) dix expériences faites sur le même air ne diffèrent pasd’un degré, c’est-à-dire de 0,003 d’oxigène. Au reste le Mémoiresur le phosphore, que j’ai publié dans les Annales de Chimie, apour but de déterminer les affinités ternaires entre le phosphore,l’azote et l’oxigène, et de prouver comment un gaz azote, danslequel le phosphore se fond sans lueur, peut contenir jusqu’à0,09 d’oxigène. P. S. Ayant conservé, par hasard, une partie des petitesnotes qui m’ont servi à rédiger mon Mémoire sur les terres sim-ples, je puis vous communiquer le détail de quelques expériences.L’air atmosphérique décomposé étoit de 107° à 109°, ou de 0,261à 0,256 d’oxigène. Quatre à cinq pouces cubes furent mis encontact avec environ autant de pouces cubes de terres humectéesd’eau distillée. Les flacons étoient fermés par des bouchons usésà l’émeril, et souvent plongés sous l’eau. L’air en contact avecl’eau distillée, ne perdit, en 10 à 15 jours, pas 0,005 d’oxigène. |135| Il ne changea jamais au-delà de 1°,5 en pureté. Température10 à 12° Réaum. Alumine depuis le 17 fruct. jusqu’au 4 vendem. en deux flacons,de l’azote pur. Baryte idem, résidu à 0,08 d’oxigène, donc 0,18 d’absorbés. Alumine du 5 au 14 vend. azote pur. Alumine du 6 au 14 vend. résidu à 0,08 d’oxigène. Alumine idem résidu à 0,12 d’oxigène. Chaux du 6 au 14 vend. résidu à 0,20 d’oxigène. Baryte, idem à 0,11 d’oxigène. Alumine en 2 heures (à 60° Réaum.), absorba 0,03. L’eudio-mètre indiqua, au lieu de 106 degrés, 117°.