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Alexander von Humboldt: „Infusoires fossiles“, in: ders., Sämtliche Schriften digital, herausgegeben von Oliver Lubrich und Thomas Nehrlich, Universität Bern 2021. URL: <https://humboldt.unibe.ch/text/1836-Infusoires_fossiles-1> [abgerufen am 31.01.2023].

URL und Versionierung
Permalink:
https://humboldt.unibe.ch/text/1836-Infusoires_fossiles-1
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Titel Infusoires fossiles
Jahr 1836
Ort Paris
Nachweis
in: Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences 3 (Juli–Dezember 1836), S. 200–202.
Sprache Französisch
Schriftart Antiqua
Identifikation
Textnummer Druckausgabe: V.49
Dateiname: 1836-Infusoires_fossiles-1
Statistiken
Seitenanzahl: 3
Zeichenanzahl: 4439

Weitere Fassungen
Infusoires fossiles (Paris, 1836, Französisch)
Analyse du mémoire de M. Ehrenberg sur sa curieuse découverte d’infusoires fossiles dans le tripoli; dont M. Brongniart a déjà donné connaissance à l’Académie (Paris, 1836, Französisch)
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Infusoires fossiles.

(L’article suivant, extrait d’une lettre de M. de Humboldt à M. Arago,est l’analyse d’un mémoire que M. Ehrenberg a lu le 27 juin dernier, de-vant l’Académie de Berlin. Cette analyse, traduite de l’allemand, est de l’au-teur même du travail.) «Un observateur zélé, M. Chrétien Fischer, propriétaire de la manu-facture de porcelaine de Pirhen-Lammer près de Carlsbad, avait décou-vert qu’un dépôt siliceux renfermé dans les tourbières de Franzensbad enBohème, est composé presque en entier de carapaces de quelques espècesde navicula. Il croyait que ce dépôt était dû à l’effet des feux souterrainssur le fond ancien de la mer. Ayant envoyé à M. Ehrenberg un fragment de |201| kieselguhr (dépôt siliceux), de 2 pouces de long et de 1 pouce de haut,pour déterminer les espèces animales dont il présente les carapaces, cenaturaliste ne confirma pas seulement l’observation curieuse de M. Fischer,mais il reconnut, de plus, que des bacillaires étaient mêlées aux naviculeset que les carapaces siliceuses, transparentes et striées, appartenaient aunavicula viridis, qui est très commun dans les eaux douces des environsde Berlin. Le feu souterrain a sans doute agi sur ces animalcules, et détruittoute matière organique. Le dépôt s’est formé, non au fond de l’Océan,mais dans des lacs ou des sources. Déjà, en 1834, M. Ehrenberg avait com-muniqué à l’Académie l’observation importante de M. Kützing, d’après la-quelle la carapace qui cache la partie molle du corps des bacillaires est de lasilice pure. M. Henri Rose avait, conjointement avec M. Ehrenberg, cons-taté l’existence de la silice dans plusieurs espèces vivantes. Le cabinet de mi-néralogie confié à la direction de M. Weiss, renferme les masses siliceuses deSanta-Fiore en Toscane, et de l’Ile de France, que Klaproth a analysées.Les échantillons proviennent de la collection des minéraux de ce célèbrechimiste. M. Ehrenberg a reconnu (sous le microscope de Pistor et Schieg)que ces échantillons sont entièrement composés de carapaces d’infusoiresde la famille des bacillaroïdes et de quelques brins siliceux d’éponges(spongia), les unes d’eau douce, les autres d’eau de mer. Ces espèces fos-siles ont presque toutes encore leurs analogues dans le monde actuel. Desnavicules étaient aussi reconnaissables dans des masses de tourbes de Fran-zensbad, provenant des mêmes tourbières dans lesquelles M. Fischer avaitdécouvert les dépôts siliceux à anciennes carapaces d’infusoires. Depuisplusieurs années, M. Ehrenberg avait remarqué que la matière jaune muci-lagineuse qui couvre quelquefois nos ruisseaux et nos eaux stagnantes, etque l’on a pris par erreur pour du fer oxidé, offre les carapaces siliceusesd’un gaillonella, qui dans l’ouvrage qui va paraître (Table X) est figuré sousle nom de gaillonella ferruginea. Ces carapaces sont en effet ferrugineuses etrougissent au feu; il est assez probable que ce même gaillonella a joué unrôle dans l’origine du fer limoneux terreux (rosen-eisenstein), dans lequelM. Ehrenberg a reconnu des fils articulés, transparents et siliceux. Lemême savant a déterminé plus de 40 espèces des genres navicula, gompho-nema, gaillonella, synedra, bacillaria et spongia, dans les substances miné-rales soumises à l’analyse microscopique. La majeure partie des infusoiresfossiles se trouvent à l’état vivant, soit dans les eaux douces près de Berlin,soit dans les eaux salées de la Baltique près de Weimar. Beaucoup d’espècessont si bien conservées qu’on peut en reconnaître l’organisation avec la |202| plus grande certitude. On reconnaît les stries et les 6 ouvertures de la ca-rapace (Panzer) du navicula viridis, les 4 ouvertures du gaillonella, les 2 dugomphonema. Il est possible que les espèces dont les analogues nous sontinconnus dans la création actuelle soient découvertes un jour. M. Ehrenbergremarque, en finissant, que dans les eaux stagnantes actuelles que l’on exa-mine, on trouve réunies et mêlées un grand nombre d’espèces vivantes diver-ses, entourant des végétaux dont elles tirent leur nourriture, tandis que parmiles infusoires fossiles, il y a une prédominance absolue de certaines espèces.Le dépôt siliceux de Franzensbad en Bohème, est caractérisé par le naviculaviridis; le dépôt siliceux de l’Ile de France, par le bacillaria vulgaris; celuide Santa-Fiore (Bergmehl) par le synedra capitata. La couche minérale del’Ile de France abonde en espèces océaniques.