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https://humboldt.unibe.ch/text/1835-Chronologie_des_plus-1
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Titel Chronologie des plus anciennes cartes d’Amérique
Jahr 1835
Ort Paris
Nachweis
in: Bulletin de la société de géographie 4 (Dezember 1835), S. 411–414.
Postumer Nachdruck
„Untersuchungen über den Namen America“ ([zwei Briefe:] Erhalten 31 Januar 1836 nach Humboldt’s Rückkunft aus Paris – Erhalten 2 Februar 1836), in: Briefwechsel Alexander von Humboldt’s mit Heinrich Berghaus aus den Jahren 1825 bis 1858, 3 Bände, Leipzig: Hermann Costenoble 1863, Band 2, S. 142–143 und 144–148

Brief an E.-F. Jomard [datiert: Paris, 15 décembre 1835, unterzeichnet: Al. Humboldt] in: Humboldt. Correspondance scientifique et littéraire, herausgegeben von Jean Bernard Marie Alexandre Dezos de La Roquette, 2 Bände, Paris: E. Ducrocq 1865/1869, Band 1, S. 333–337, darin: „Note de M. de Humboldt sur la chronologie des plus anciennes cartes d’Amérique“, S. 334–337.

Brief an Letronne „Résultat de mes recherches“ [datiert: Paris, 14 décembre 1835; unterzeichnet Al. Humboldt] in: Humboldt. Correspondance inédite scientifique et littéraire, herausgegeben von Jean Bernard Marie Alexandre Dezos de La Roquette, 2 Bände, Paris: E. Ducrocq 1865/1869, Band 2, S. 123–126.
Sprache Französisch
Schriftart Antiqua
Identifikation
Textnummer Druckausgabe: V.38
Dateiname: 1835-Chronologie_des_plus-1
Statistiken
Seitenanzahl: 4
Zeichenanzahl: 5919

Weitere Fassungen
Chronologie des plus anciennes cartes d’Amérique (Paris, 1835, Französisch)
Untersuchungen über den Namen Amerika (Berlin, 1835, Deutsch)
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CHRONOLOGIE des plus anciennes cartes d’amérique.

(Extrait d’une lettre adressée à M. Jomard par le baron Alexandrede Humboldt.)
..... Le feuillet ci-joint donne de la netteté à la sériedes faits que j’ai éclaircis par de longues et pénibles re-cherches. C’est un homme obscur, qui allait manger duraisin en Lorraine, qui a inventé le nom d’ Amérique, qu’Appien, Vadianus et Camers ont répandu depuis, par Strasbourg, Fribourg et Vienne. L’immense célébritédu petit ouvrage d’Appien a propagé le mal, par d’in-nombrables éditions, en Hollande et ailleurs....

Alex. de Humboldt.


NOTE. 1500. La plus ancienne carte dessinée de l’Amérique quel’on connaissait jusqu’ici était celle de 1527, de la biblio-thèque d’Ebner de Nuremberg, aujourd’hui à la biblio-thèque militaire de Weimar. Elle est de deux ans anté-rieure à la carte de Diego-Ribero, gravée par Gusse-feld, et aujourd’hui également conservée à la biblio-thèque militaire de Weimar (j’ai comparé les deux cartes, |412| qu’on a souvent confondues, dans l’ Examen critique, p. 182). La mappemonde de la collection de M. le ba-ron Walckenaer, reconnue pendant le choléra, en 1832,est dessinée à Puerto Santa-Maria, en 1500, par Juande la Cosa, compagnon du second voyage de Colomb,compagnon d’Ojeda et de Vespuce dans l’expédition de1499 (voyez la chronologie des découvertes dans l’ Exa-men critique, p. 101). C’est ce Juan de la Cosa, dont,selon le témoignage de Bernardo de Sbarra dans le pro-cès du fiscal contre don Diego Colon, l’amiral se plai-gnait, puisque Cosa «hombre habil andaba diciendo«que sabia mas que el.» 1507. Martinus Ylacomylus, professeur à Fribourg,qui, dans le temps des vendanges, va en Lorraine dontle duc, grand protecteur des études géographiques, étaitlié avec Vespuce, propose, le premier, dans une petitecosmographie ( Cosmographiæ introductio: insuper qua-tuor Americi Vespucii navigationes. Imp. in urbe Deodati 1507), le nom d’ Amérique. Avant Navarrete et Wa-shington Irving, ce livre a été cité par Canovai et le chevalier Napione ( Primo scopritore, p. 39 et 111);mais aucun de ces auteurs n’a connu la personne d’Y-lacomylus et ses rapports avec Vespuce par la Lorraine. Navarrete prend même Saint-Diez en Lorraine pourune ville en Hongrie, pour Tata. Les plus ancienneséditions de la Margaritha philosophica de 1503, 1504,1508 et 1512, et une lettre d’Ylacomylus à PhilesiusVosigena (Ringmann, professeur à Bâle, traducteurd’un Jules-César), répandent du jour sur Ylacomylus,qui confondait Colomb et Vespuce comme le publicconfond souvent les capitaines Ross et Parry, ne con-naissant qu’un seul de ces navigateurs. Je crois qu’Yla-comylus est le géographe Wald-Seemuller, auteur d’une |413| carte marine allemande. La date de 1507 prouve seuledéjà combien est injuste l’inculpation si souvent repé-tée contre Vespuce d’avoir placé son nom sur des cartesdu nouveau continent, comme piloto major du roi d’Es-pagne : Vespuce n’a eu cette charge que depuis le 22mai 1508. 1508. En 1508 paraît dans l’édition de Ptolémée la première carte gravée du nouveau continent, mais sansnom d’ Amérique, par Jean Ruysch, comme l’a fait voirM. Walckenaer dans la Biographie universelle, tome vi, p. 207, et Recherches géographiques sur l’intérieur del’Afrique septentrionale, p. 186. 1509. En 1509, je trouve le nom d’ Amérique (pro-posé par Ylacomylus en 1507) déjà en usage commeune dénomination très connue, dans un ouvrage cos-mographique anonyme, qui porte le titre de Globusmundi declarati sive descriptio mundi et totius orbis, im-press. Argent. 1509; c’est trois ans avant la mort de Ves-puce. L’ouvrage a été faussement attribué par Panzer à Henricus Loritus Glareanus, né en 1488, auteur de Geographiæ liber, Basil. 1527. 1512. L’Amérique est aussi nommée, dans la lettre à Rodolphe Agricola, datée de Vienne 1512, par Joa-chim Vadianus, dans le commentaire de ce savant sur Mela ( Pomponius Mela, de orbis situ, cum commentariis Joachimi Vadiani ), adjecta est epistola Vadiani, ab eopene adolescente, ad Rod. Agricolam juniorem scripta. Tout le livre est de 1522; mais la lettre qui renferme lepassage d’Amérique devenu célèbre récemment, est de1512. Cancellieri a faussement cru que c’est Vadianus qui a prononcé le premier le nom de l’Amérique. 1520. La première carte gravée du Nouveau-Monde avec le nom d’Amérique n’est pas celle de Ptolémée de |414| 1522, mais une mappemonde de Petrus Appianus de1520, annexée une fois à l’édition de Camers de Solin polyh. (Viennæ austr. 1520), une seconde fois à l’édi-tion de Vadianus de Mela, 1522. Cette carte, avec lenom d’ Amérique, offre sur la planche la date de 1520;l’isthme de Panama s’y trouve percé par un détroit, cequi est d’autant plus remarquable que cette erreur descartes chinoises récentes est déjà consignée sur un globede Jean Schoner, qui est comme la carte d’Appien de1520 (voy. mon Examen critique, p. 125). De plus,cette carte d’Appien, tout en offrant le mot d’ Amérique, ajoute dans cette même partie méridionale «qu’elle a été«découverte en 1497 par Colomb» (c’est l’année de laprétendue découverte de Vespuce ajoutée au nom de Colomb!), tandis que dans le Cosmographicus liber Petri Appiani, studiose correctus per Gemmam Phry-sium (Antverpiæ 1529), on lit: «Quarta pars mundi«ab Americo Vespuccio ejusdem inventore nomen sorti-«tur. Inventa est anno 1497». Éternelle confusion desdeux noms, qui a pris naissance entre la Lorraine, l’Al-sace, Fribourg et Vienne. 1522. C’est sans doute parmi les éditions de Ptolé-mée, la première (celle de 1522), qui offre le nom d’ A-mérique, comme l’ont fait voir le chevalier Napione ( Primo scopritore, 1809, p. 88) et M. Walckenaer (1, p. 352); mais cette carte avec le nom d’ Amérique est de deux ans postérieure à la carte gravée dans le So-lin de Camers et le Mela de Vadianus.

Al. Humboldt.