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Alexander von Humboldt: „Sur le Steatornis, nouveau genre d’Oiseau nocturne“, in: ders., Sämtliche Schriften digital, herausgegeben von Oliver Lubrich und Thomas Nehrlich, Universität Bern 2021. URL: <https://humboldt.unibe.ch/text/1817-Sur_le_Steatornis-1> [abgerufen am 05.02.2023].

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Permalink:
https://humboldt.unibe.ch/text/1817-Sur_le_Steatornis-1
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Titel Sur le Steatornis, nouveau genre d’Oiseau nocturne
Jahr 1817
Ort Paris
Nachweis
in: Bulletin des sciences, par la société philomatique de Paris (März 1817), S. 51–52.
Sprache Französisch
Schriftart Antiqua
Identifikation
Textnummer Druckausgabe: III.43
Dateiname: 1817-Sur_le_Steatornis-1
Statistiken
Seitenanzahl: 2
Zeichenanzahl: 4363

Weitere Fassungen
Sur le Steatornis, nouveau genre d’Oiseau nocturne (Paris, 1817, Französisch)
Stéatornis (Paris, 1824, Französisch)
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Sur le Steatornis, nouveau genre d’Oiseau nocturne; parM. de Humboldt.

Tous les oiseaux nocturnes, connus jusqu’à présent, sont oudes oiseaux de proie, ou des oiseaux mangeurs d’insectes. Celui dontM. de Humboldt vient de donner la description, est remarquable parplusieurs particularités, et surtout parce qu’il paraît appartenir à unedes familles des oiseaux granivores ou au moins frugivores. Le Steatornis habite les cavernes de Caripe dans la partie montueusede la province de Cumana. Il porte dans le pays le nom de Guacharos. C’est un oiseau de la grandeur d’un coq; son bec, à partir du front,égale en longueur à peu près la moitié de la tête; la mandibulesupérieure se recourbe fortement en dessous en crochet assez aigu;elle est armée à peu près vers son milieu de deux petites dents; lanarine est placée à moitié de la mandibule; la mandibule inférieureest droite et assez grêle. L’ouverture du bec est assez considérable, ets’étend jusqu’au-dessous de la partie postérieure de l’œil. De longs poilsroides, dirigés en avant, garnissent la base de la mandibule supérieure,et d’autres poils plus courts se remarquent au-dessous et vers l’extrémitéantérieure de la mandibule inférieure; cette mandibule est large etmême dilatée vers sa base, comme dans les engoulevens. Les pattessont courtes, faibles, à quatre doigts, séparés jusqu’a leur base, etgarnis d’ongles qui ne sont pas arqués, faibles même, et qui n’offrentd’ailleurs aucune particularité. |52| Le plumage de l’espèce que décrit M. de Humboldt, la seule quisoit encore connue dans ce genre, et que l’auteur nomme Steatorniscaripensis (Guacharo de Caripe), a le plumage d’une couleur som-bre, gris-brunâtre, mélangé de petites stries et de points noirs; onvoit sur les plumes de la tête, sur les pennes de la queue et des ailesde grandes taches blanches, bordées de noir, en forme de cœur. Lesplumes du dos n’ont point ces taches. L’œil est grand. L’envergureest de plus d’un mètre. La queue est ce qu’on appelle cunéiforme,c’est-à-dire, que les pennes du milieu sont plus grandes que les autres. Cet oiseau a, comme l’observe l’auteur, des rapports assez nom-breux avec les engoulevens et les corbeaux; avec les premiers, parla large ouverture de son bec, les poils de sa base, la proportiondes pattes, des ailes, de la queue, et même par la couleur de son plu-mage; il s’en rapproche encore par les habitudes nocturnes, mais ilen diffère par les autres caractères tirés des mêmes parties, et surtoutpar son genre de nourriture. Il se nourrit de fruits très-durs et de pé-ricarpes osseux; c’est en ouvrant le jabot des jeunes guacharos, et enremarquant le grand nombre de ces fruits qui, tombés à terre dans lacaverne de Caripe, y germent de toutes parts, qu’on s’est assuré de cegenre de nourriture si singulier dans un oiseau nocturne. Enfin, ildiffère aussi des engoulevens par son cri extrêmement fort et aigu; maisil se rapproche par les mêmes particularités, ainsi que par la formedu bec et par celle des pattes de quelques espèces du genre corbeaux,oiseaux généralement polyphages, mais dont quelques-uns, tels quele Corvus caryocactes et le Corvus glandarius, se nourrissent presqueexclusivement de fruits durs. Son habitation dans des cavernes obscuresétablit encore quelques rapports avec une espèce du même genre, le Corvus pyrrhocorax, qui loge dans les cavernes et puits naturels depresque toutes les montagnes calcaires et alpines de l’Europe. Les guacharos ne sortent que le soir de la caverne de Caripe, le seullieu où on les connaisse dans les environs de Cumana. Ils y habitent ennombre prodigieux, et y font leurs nids vers le sommet de la voûte, dansle creux du rocher, à près de 20 mètres d’élévation. Les Indiens vontune fois par an, vers la fin de juin, chercher les petits du guacharo,qu’ils font tomber de la voûte à l’aide de longues perches. Ils ont pourbut de recueillir la graisse abondante qui charge le péritoine de cesoiseaux, et y forme comme une pelote entre les jambes; cette graissefournit par l’action d’une légère chaleur une espèce de beurre ou d’huile(manteca ou aceite), à demi-liquide, transparent et inodore, qui seconserve au-delà d’un an sans devenir rance. Elle est employée au cou-vent de Caripe, dans la cuisine des moines, et ne donne aux alimensaucun goût ni aucune odeur désagréable. A. B.