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Alexander von Humboldt: „Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne“, in: ders., Sämtliche Schriften digital, herausgegeben von Oliver Lubrich und Thomas Nehrlich, Universität Bern 2021. URL: <https://humboldt.unibe.ch/text/1809-Voyage_de_MM-02-neu> [abgerufen am 17.04.2024].

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https://humboldt.unibe.ch/text/1809-Voyage_de_MM-02-neu
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Titel Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne
Jahr 1809
Ort Paris
Nachweis
in: Gazette nationale ou le moniteur universel 208 (27. Juli 1809), S. 821–822.
Sprache Französisch
Typografischer Befund Antiqua; Spaltensatz; Auszeichnung: Kursivierung; Fußnoten mit Ziffern.
Identifikation
Textnummer Druckausgabe: II.76
Dateiname: 1809-Voyage_de_MM-02-neu
Statistiken
Seitenanzahl: 2
Spaltenanzahl: 5
Zeichenanzahl: 16380

Weitere Fassungen
Voyage de MM. Humboldt et Bonpland (Paris, 1809, Französisch)
Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne (Paris, 1809, Französisch)
Fragmente aus dem neuesten Hefte des v. Humboldt’schen Werkes über den politischen Zustand des Königreichs Neu-Spanien (Stuttgart; Tübingen, 1809, Deutsch)
Berührungen der russischen Macht mit den spanischen Colonien in Amerika, nebst Nachrichten über die neueste Entdeckungs-Politik verschiedener europäischen Mächte im Nord-Westen dieses Welttheils, aus Hrn. v. Humbolds Werke über Mexiko (Tübingen, 1809, Deutsch)
Account of the Character and present Condition of the different Classes of Inhabitants in Mexico, or New Spain (Edinburgh, 1810, Englisch)
Humboldt’s History of New Spain (Boston, Massachusetts, 1811, Englisch)
Humboldt’s History of New Spain (Providence, Rhode Island, 1811, Englisch)
Humboldt’s History of New Spain (Philadelphia, Pennsylvania, 1811, Englisch)
Humboldt’s History of New-Spain (Washington, District of Columbia, 1811, Englisch)
Humboldt’s History of New Spain (Worcester, Massachusetts, 1811, Englisch)
Humboldt’s History of New Spain (Philadelphia, Pennsylvania, 1811, Englisch)
Humboldt’s History of New-Spain (Washington, District of Columbia, 1811, Englisch)
Humboldt’s History of New-Spain (Concord, Massachusetts, 1811, Englisch)
Humboldt’s History of New Spain (Charleston, South Carolina, 1811, Englisch)
[Voyage de MM. Humboldt et Bonpland] (Oxford, 1811, Englisch)
[Voyage de MM. Humboldt et Bonpland] (London, 1811, Englisch)
General Considerations on the Extent and Physical Aspect of the Kingdom of New Spain, from Baron de Humboldt’s Political Essay on the Kingdom of New Spain (Philadelphia, Pennsylvania, 1811, Englisch)
Present State of the Kingdom of Mexico (London, 1811, Englisch)
From the Baron Humboldt’s ‚Political essay on the kingdom of New-Spain‘ (St. Louis, Missouri, 1812, Englisch)
Political Essay in the Kingdom of New Spain, containing researches relative to the geography of Mexico, the extent of ist surface, and its political division into intendancies, &c. &c. With physical sections and maps, founded on astronomical observations, and trigonometrical and barometrical measurements. Translated from the original French, by John Black. Vols. I and II. New-York. Riley, 1811. 8vo. (New York City, New York, 1811, Englisch)
Mexico (Providence, Rhode Island, 1816, Englisch)
Brief Description of the City of Mexico (Washington, District of Columbia, 1817, Englisch)
Extract from Humboldt’s New Spain. Brief description of the City of Mexico (Alexandria, Virginia, 1817, Englisch)
Brief description of the city of Mexico (Trenton, New Jersey, 1817, Englisch)
Interesting Geographical Notice (Newburyport, Massachusetts, 1819, Englisch)
Idea of Mexican Wealth (New York City, New York, 1819, Englisch)
[Interesting Geographical Notice] (Boston, Massachusetts, 1819, Englisch)
Idea of Mexican Wealth (Pittsburgh, Pennsylvania, 1819, Englisch)
Interesting geographical notice (Gettysburg, Pennsylvania, 1819, Englisch)
Interesting geographical notice (Baltimore, Maryland, 1819, Englisch)
Translation from Humboldt’s Essai Politique, &c. Vol. 1, p. 8, &c. (Mount Pleasant, Ohio, 1819, Englisch)
Idea of Mexican Wealth (Philadelphia, Pennsylvania, 1819, Englisch)
Mexico (Providence, Rhode Island, 1820, Englisch)
Mexico (Danville, Kentucky, 1820, Englisch)
Mexico (Mobile, Alabama, 1820, Englisch)
[Voyage de MM. Humboldt et Bonpland] (Salem, Massachusetts, 1821, Englisch)
The City of Mexico (Annapolis, Maryland, 1821, Englisch)
Essay on the possibility of effecting a navigable communication between The Atlantic and the Pacific Ocean (London, 1830, Englisch)
[Voyage de MM. Humboldt et Bonpland] (Albany, New York, 1832, Englisch)
How they do in Mexico (Boston, Massachusetts, 1832, Englisch)
Mexican Wealth (Wilmington, North Carolina, 1847, Englisch)
Mexican Wealth (Hillsborough, North Carolina, 1847, Englisch)
Historical, Topographical, and Geographical Sketch of the Californias (New Orleans, Louisiana, 1849, Englisch)
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Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne; par M. A. de Humboldt, ouvragequi présente des recherches sur la Géographiedu Mexique, sur l’étendue de sa surface et ladivision politique en intendances, sur l’aspectphysique du sol, sur sa population actuelle,l’état de l’agriculture, de l’industrie manufactu-riere et du commerce, sur les canaux qui pour-raient réunir la mer des Antilles au Grand-Océan,sur les revenus de la couronne, la quantité demétaux qui a reflué du Mexique en Europe et enAsie, depuis la découverte du Nouveau-Continent, et sur la division militaire de laNouvelle-Espagne.

premier extrait.

En annonçant les diverses parties du grandouvrage de M. de Humboldt, nous avons déjàeu plusieurs fois l’occasion de faire connaître leplan qu’il a embrassé. On sait que cet illustrevoyageur n’a rien négligé de ce qui pouvaitavoir de l’intérêt dans quelque genre que ce fût.L’étude des régions équinoxiales étant l’objet deson voyage; il n’a pas borné ses recherches aux ob-jets de sciences qui n’auraient d’utilité spéciale quepour une seule classe de lecteurs; il les a éten- |Spaltenumbruch|dues à tous, même aux objets de politique etd’administration: il a voulu, pour ainsi dire, nousfaire vivre nous-mêmes dans ces contrées sur les-quelles on n’avait avant lui que des récits incom-plets ou des détails peu fideles, et il les a tant étu-diés, il en a tellement observé les phénomenesphysiques et moraux; il a recherché avec tantde soin toutes les données précises qui pou-vaient en completter la connaissance, qu’on peutdire qu’il les a mieux vues dans un séjour dequelques années que bien d’autres après y avoirpassé toute leur vie. Son nouvel ouvrage renfermeles résultats précieux de ces nombreuses obser-vations. Après la variété infinie des connaissances,ce qui distingue éminemment cet ouvrage etceux du même genre que M. de Humboldt adéja publiés, c’est une recherche extrême de pré-cision et d’exactitude jointe à une grandeur devues et à une élévation de sentimens égalementremarquables. Ces dernieres qualités sont des donsde la nature, mais l’exprit d’exactitude a uneautre source. Il naît de l’habitude des sciencesexactes, et nous ne craignons pas d’avancer quesi M. de Humboldt y eût été moins habile, iln’aurait jamais pu imprimer à ces recherches cecaractere qui ne s’imite point, et son ouvragemoins minutieusement fidele eût été aussi beau-coup moins parfait. Quoique cette fidélité soitsans doute le premier mérite d’un voyage, puis-qu’elle seule peut lui donner un but et un ré-sultat utile, ce mérite n’est pas le seul qui dis-tingue l’ouvrage que nous annonçons. Il en ren-ferme un autre, moins important peut-être, maisd’une application plus générale. L’auteur en sachantinstruire a su également intéresser. Il n’a pas dé-daigné de plaire, et ceux qui n’approfondiraientpas les tableaux du commerce ou des revenusde la nouvelle Espagne, liront certainement avecplaisir la description de ce beau pays, celle desmœurs des habitans, l’état de leur civilisationactuelle, et le tableau non moins intéressant deleur grandeur passée attestée par un grand nombrede monumens. Pour prouver ce que nous annonçons, dela maniere la plus sûre et la plus persuasive,nous citerons ici quelques morceaux qui n’ayantqu’un objet particulier peuvent se détacherde l’ensemble, et qui pourtant sont fortementempreints de cette couleur locale qui, aux yeuxdes gens de goût, fait si aisément reconnaîtreles tableaux tracés d’après nature. Nous essaie-rons ensuite de donner en peu de mots un résumégénéral de tout l’ensemble de l’ouvrage. “Orné de nombreux Teocallis qui s’élevaienten forme de minarets, entouré d’eau et de digues,fondé sur des îles couvertes de verdure, recevantdans ses rues à chaque heure des milliers debateaux qui vivifiaient le lac, l’ancien Tenoch-titlan, d’après le récit des premiers conquérans,devait ressembler à quelques villes de la Hol-lande, de la Chine, ou du Delta inondé de la Basse-Egypte. La capitale, reconstruite par lesEspagnols, offre un aspect moins riant peut-être,mais d’autant plus imposant et plus majestueux.Mexico est sans doute au nombre des plus bellesvilles que les Européens aient fondées dans les deuxhémisphères. A l’exception de Pétersbourg, deBerlin, de Philadelphie et de quelques quartiersde Wesminster, il existe à peine une ville dela même étendue, qui, pour le niveau uniformedu sol qu’elle occupe, pour la régularité et lalargeur des rues, pour la grandeur des placespubliques, puisse être comparée à la capitalede la Nouvelle-Espagne. L’architecture y est géné-ralement d’un style assez pur; il y a mêmedes édifices dont l’ordonnance est très ‒ belle.L’extérieur des maisons n’est pas surchargé d’or-nemens. Deux sortes de pierres de taille, l’amig-daloïde poreuse appelée tetzontli, et sur ‒ toutun porphyre à feld-sphath vitreux et dépourvude quartz, donnent aux constructions mexicainesun air de solidité, et quelquefois même demagnificence. On n’y connaît pas ces balcons etces galeries de bois qui, dans les deux Indes,défigurent toutes les villes européennes. Lesbalustrades et les grilles y sont en fer de Biscaye,et ornées de bronzes. Les maisons y ont desterrasses au lieu de toits, comme les maisonsd’Italie de tous les pays méridionaux. „Mexico a été singulièrement embelli depuisle séjour que l’abbé Chappe y a fait en 1769.L’édifice destiné à l’école des mines, et pourlequel les plus riches particuliers du pays ontfourni une somme de plus de trois millionsde francs, ornerait les places principales deParis et de Londres. Des architectes mexicains,élèves de l’Académie des Beaux-Arts de la capitale,ont construit récemment deux grands hôtels,dont l’un dans le quartier de Traspana, offredans l’intérieur de la cour un très-beau péris-tyle de forme ovale, et à colonnes accouplées.Le voyageur admire, avec raison, au milieude la Plaza ‒ Major de Mexico, vis ‒ à ‒ vis lacathédrale et le palais des vice-rois, une vasteenceinte pavée en carreaux de porphyre, ferméepar des grilles richement garnies de bronze, etrenfermant la statue équestre du roi Charles IV, |Spaltenumbruch|placée sur un piédestal de marbre mexicain.Ce pendant, il faut en convenir, malgré lesprogrès que les arts ont faits depuis trente ans,c’est bien moïns par la grandeur et la beautédes monumens que par la largeur et l’aligne-ment des rues, c’est moins par ses édifices quepar l’ensemble de sa régularité, de son étendueet de sa position, que la capitale de la Nouvelle-Espagne, impose aux Européens. Par un con-cours de circonstances peu communes, j’ai vude suite, et dans un très-court espace de tems,Lima, Mexico, Philadelphie, Washington,Paris, Rome, Naples et les plus grandes villesde l’Allemagne. En comparant entre elles desimpressions qui se suivent rapidement, on està même de rectifier une opinion à laquelle ons’est peut ‒ être livré trop légèrement. Malgrédes comparaisons, dont plusieurs auraient puparaître désavantageuses pour la capitale du Mexi-que, cette derniere m’a laissé un souvenir degrandeur que j’attribue sur ‒ tout au caractereimposant de son site et de la nature environ-nante. „En effet, rien de plus riche et de plus variéque le tableau que présente la vallée, lorsque,dans une belle matinée d’été, le ciel étant sansnuages et de cet azur foncé qui est propre àl’air sec et rarefié des hautes montagnes, on setransporte sur une des tours de la cathédrale deMexico ou au haut de la colline de Chapol-tepec. Une belle végétation entoure cette colline.Des troncs antiques de cyprès (1), de plus dequinze à seize mètres de circonférence, éleventleurs cimes dénuées de feuillage au-dessus decelles des schinus, qui, par leur port, ressem-blent aux saules pleureurs de l’Orient. Du fondde cette solitude, du sommet du rocher por-phyritique de Chapoltepec, l’œil domine unevaste plaine, des champs soigneusement labourésqui s’étendent jusqu’au pied des montagnes co-lossales couvertes de glaces perpetuelles. La villeparaît baignée des eaux du lac de Tezcuco, dontle bassin, entouré de villages et de hameaux,rappelle les plus beaux lacs des montagnes dela Suisse. De grandes avenues d’ormes et de peu-pliers conduisent de tous côtés à la capitale; deuxaqueducs construits sur des arches très-elevéestraversent la plaine, et offrent un aspect aussiagréable qu’intéressant. Au nord se présente lecouvent magnifique de Notre-Dame de la Gua-deloupe, adossé aux montagnes de Tepeyacac,entre des ravins qui abritent quelques datiers etdes yucca arborescens. Au sud, tout le terreinentre San Angel, Tacubaya et San Augustin delas Cuevas paraît un immense jardin d’orangers,de pêchers, de pommiers, de cerisiers et d’autresarbres fruitiers de l’Europe. Cette belle culturecontraste avec l’aspect sauvage des montagnespelées qui forment l’enceinte de la vallée, etparmi lesquelles se distinguent les fameux volcansde la Puebla, le Popocatepetl et l’Iztaccihuatl.Le premier forme un cône énorme, dont le cra-tere constamment enflammé, jetant de la fuméeet des cendres, s’ouvre au milieu des neigeséternelles.“ Plus loin l’auteur décrit quelques anciens mo-numens des nations indigenes, derniers vestigesd’une antique civilisation. “Les seuls monumens anciens qui, dans la val-lée mexicaine, peuvent imposer par leur gran-deur et leurs masses aux yeux des Européens,sont les restes des deux pyramides de San Juande Teotihuacan, situées au nord-est de Tezcuco;consacrées au soleil et à la lune, appelées parles indigènes Tonatiuh Ytzaqual, maison du So-leil, et Meztli Ytzaqual, maison de la Lune.D’après les mesures faites en 1803, par un jeunesavant mexicain, le docteur Oteyza, la premierepyramide, qui est la plus australe, a dans sonétat actuel, une base de 208 mètres (645 pieds)de long, et 55 metres (66 vares mexicaines ou171 pieds) d’élévation perpendiculaire. La se-conde, la pyramide de la Lune, est de 11 me-tres (30 pieds) plus basse, et sa base est beau-coup moins grande. Ces monumens, d’après lerécit des premiers voyageurs, et d’après la formequ’ils présentent encore aujourd’hui, ont servide modele aux Teocallis aztèques. Les peuplesque les Espagnols trouverent établis dans la Nou-velle ‒ Espagne, attribuerent les pyramides deTeotihuacan (2) à la nation Toultèque; leurconstruction remonte, par conséquent, au 8e ouau 9e siecle, car le royaume de Tollan dura de-puis 667 jusqu’en 1031. Les faces de ces édificessont, à 52 min. près, exactement orientées dunord au sud et de l’est à l’ouest. Leur intérieur estde l’argile mêlée de petites pierres. Ce noyau est re-
(1) Los Ahuahuetes. Cupressus disticha L.(2) Cependant Siguenza, dans ses notes manuscrites, lescroit un ouvrage de la nation Olmèque, qui habitait au-tour de la Sierra de Tlascala, appelée Matlacueje. Si cettehypothese, dont nous ignorons les fondemens historiques,était vraie, ces monumens seraient plus anciens encore; carles Olmèques appartiennent aux premiers peuples dont lachronologie aztèque fait mention dans la Nouvelle-Espagne.On prétend même que c’est la seule nation dont la migra-tion s’est faite, non depuis le nord et le nord-ouest (l’Asie Mongole), mais depuis l’Orient (l’Europe).
|822| |Spaltenumbruch|vêtu d’un mur épais d’amydaloïdes poreuses. On yreconnaît, en outre, des traces d’une couche dechaux qui enduit les pierres (le tetzontli) pardehors. Quelques auteurs du 16e siecle préten-dent, d’après une tradition indienne, que l’in-térieur de ces pyramides est creux. Le chevalier Boturini dit que le géometre mexicain Siguenza avait vainement essayé de percer ces édifices parune galerie. Ils formaient quatre assises, donton ne reconnaît aujourd’hui que trois, les in-jures du temps et la végétation des cactus etdes agaves ayant exercé leur influence destruc-tive sur l’extérieur de ces monumens. Un esca-lier construit en grandes pierres de taille con-duisait jadis à leur cime; c’est là que, d’après lerécit des premiers voyageurs, se trouvaient desstatues couvertes de lames d’or très-minces. Cha-cune des quatre assises principales était subdi-visée en petits gradins d’un metre de haut, donton distingue encore les arrêtes. Ces gradins sontcouverts de fragmens d’obsidiennes qui, sansdoute, étaient les instrumens tranchans aveclesquels, dans leurs sacrifices barbares, les prê-tres toultèques et aztèques (Papahua Tlema-cazque ou Teopixqui) ouvraient la poitrine auxvictimes humaines. On sait que l’obsidienne(itztli) était l’objet des grandes exploitations donton voit encore les traces dans une innombrablequantité de puits entre les mines de Moran et levillage d’Atotonilco el Grande, dans les mon-tagnes porphyritiques d’Oyamel et du Jacal, ré-gion que les Espagnols appellent la montagnedes couteaux, el Serro de las Navajas.
„On desirerait sans doute voir résolue la ques-tion si ces édifices curieux, dont l’un (le To-natiuh Ytzaqual (d’après les mesures exactes deM. Oteyza, a une masse de 128,970 toises cubes,ont été entiérement construits à mains d’hommes;ou si les Toultèques ont profité de quelquecolline naturelle, qu’ils ont revêtue de pierreset de chaux. Cette même question a été ré-cemment agitée par rapport à plusieurs pyramidesde Gizé et de Sacara; elle est devenue double-ment intéressante par les hypotheses fantastiquesque M. Witte a hazardées sur l’origine desmonumens de forme colossale de l’Egypte, dePersépolis et de Palmyre. Comme ni les pyramidesde Teotihuacan, ni celle de Cholula, dont nousparlerons dans la suite, n’ont été percées diamétra-lement. il est impossible de parler avec certitudede leur structure intérieure. Les traditions indiennesd’après lesquelles on les croit creuses, sont vagueset contradictoires. Leur situation, dans les plainesoù l’on ne trouve aucune autre colline, rendmême assez probable, qu’aucun rocher naturelne sert de noyau à ces monumens. Ce qui esttrès-remarquable aussi (sur-tout si on se rap-pelle les assertions de Pococke, sur la positionsymétrique des petites pyramides d’Egypte),c’est que tout à l’entour des maisons du Soleilet de la Lune de Téotihuacan on trouve ungroupe, j’ose dire un systême de pyramides,qui ont à peine neuf à dix mètres d’élévation.Ces monumens, dont il y a plusieurs cen-taines, sont disposés dans des rues très-largesqui suivent exactement la direction des paral-lèles et des méridiens, et qui aboutissent auxquatre faces des deux grandes pyramides. Lespetites pyramides sont plus fréquentes vers le côté austral du Temple de la Lune que versle Temple du Soleil: aussi étaient-elles, d’aprèsla tradition du pays, dédiées aux Etoiles. Il paraîtassez certain qu’elles servaient de sépulture auxchefs des tribus. Toute cette plaine que lesEspagnols, d’après un mot de la langue de l’îlede Cuba, appellent Llano de los Cérès, portajadis dans les langues Astèque et Toultèque,le nom de Micaotl, ou chemin des morts.Que d’analogies avec les monumens de l’anciencontinent! Et ce peuple Toultéque qui, enarrivant, au septieme siècle, sur le sol mexicain,construisit d’après un plan uniforme, plusieursde ces monumens de formes colossales, ces pyra-mides tronquées et divisées par assises comméle Temple de Bélus à Babylone, d’où avait-ilpris le type de ces édifices? Etait ‒ il de raceMongole? Descendait-il d’une souche communeavec les Chinois, les Hiong-Nu et les Japonais? „Un autre monument ancien, très-digne del’attention du voyageur, c’est le retranchementmilitaire de Xochicalco, situé au sud-sud-ouestde la ville de Cuernavalca, près de Tetlama,appartenant à la paroisse de Xochitepeque. C’estune colline isolée, de 117 mètres d’élevation,entourée de fossés, et divisée à main d’hommeen cinq assises ou terrasses qui sont revêtuesde maçonneries. Le tout forme une pyramidetronquée, dont les quatre faces sont exactementorientées selon les quatre points cardinaux. Lespierres de porphyre à base basaltique, sontd’une coupe très-régulière, et ornées de figureshiéroglyphiques, parmi lesquelles on distinguedes crocodiles jetant de l’eau, et, ce qui esttrès-curieux, des hommes assis les jambes croi-sées, à la manière asiatique. La plate ‒ forme |Spaltenumbruch|de ce monument extraordinaire a près de 9,000mètres carrés, et présente les ruines d’un petitédifice carré qui servit sans doute de dernièreretraite aux assiégés.”