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Alexander von Humboldt, Joseph Louis Gay-Lussac: „Expériences sur la torpille“, in: ders., Sämtliche Schriften digital, herausgegeben von Oliver Lubrich und Thomas Nehrlich, Universität Bern 2021. URL: <https://humboldt.unibe.ch/text/1805-Experiences_sur_la-1> [abgerufen am 31.01.2023].

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Permalink:
https://humboldt.unibe.ch/text/1805-Experiences_sur_la-1
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Titel Expériences sur la torpille
Jahr 1805
Ort Paris
Nachweis
in: Annales de chimie 56:1 (30 Vendémiaire an 14 [22. Oktober 1805]), S. 15–23.
Beteiligte Joseph Louis Gay-Lussac
Sprache Französisch
Schriftart Antiqua
Identifikation
Textnummer Druckausgabe: II.31
Dateiname: 1805-Experiences_sur_la-1
Statistiken
Seitenanzahl: 9
Zeichenanzahl: 9838

Weitere Fassungen
Expériences sur la torpille (Paris, 1805, Französisch)
Sur les commotions électriques produites par la torpille (Brüssel, 1805, Französisch)
Experiments on the Torpedo, by Messrs. Humboldt and Gay-Lussac. Extracted from a Letter from M. Humboldt to M. Berthollet, dated Rome, 15 Fructid. Year 13 (London, 1806, Englisch)
Experiments on the Torpedo. By Messrs. Humboldt and Gay Lussac. Extracted from a Letter of M. Humboldt to M. Berthollet; dated Rome, 15 Fructidor, Year 13 (Sept. 2, 1805.) (London, 1806, Englisch)
Versuche über den Zitterrochen. Von A. v. Humboldt und Gay-Lussac. (Aus einem Briefe des erstern an Berthollet, datirt Rom 15. Fruct. 13). Uebersetzt von A. F. Gehlen (Berlin, 1806, Deutsch)
Torpille (Expériences sur la) (Paris, 1824, Französisch)
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EXPÉRIENCESSUR LA TORPILLE, Par MM. Humboldt et Gay-Lussac. Extrait d’une lettre de M. Humboldt à M. Berthol-let, datée de Rome, le 15 fructidor an 13.


Les phénomènes que présentent les poissonsélectriques méritent de nouvelles recherches,depuis que plusieurs physiciens ont cru entrouver l’explication dans la belle théorie dont Volta a enrichi la science. Vous sentez bien,mon respectable ami, quelle devoit être no-tre impatience de nous procurer des torpilles,et vous vous étonnerez peut-être que je vousen parle si tard. A Gênes nous en avionstrouvé, mais dans un moment où nous étionsséparés de nos instrumens. A Civita-Vecchianous les cherchâmes inutilement. Enfin,pendant notre séjour à Naples nous en eûmestrès-fréquemment de très-grandes et de très-vigoureuses. Je vous expose en cette lettre lasuite des expériences que nous avons faites, |16| M. Gay-Lussac et moi, sur l’action de la tor-pille (Roja torpeda de Linn. ). M. de Buch,minéralogiste allemand, très-versé dans tou-tes les branches des sciences physiques, a ététémoin de nos recherches. Je vous en offre lesrésultats; j’énonce les faits sans y mêler desidées théoriques. Nos expériences ont étéprincipalement dirigées vers les conditionssous lesquelles la torpille n’est pas en état defaire sentir à l’homme cette commotion quel’on désigne sous le nom d’électrique, quoi-que le sentiment soit assez différent de celuique cause la décharge d’une bouteille deLeyde. N’ayant d’autre livre sous les yeuxque l’Ouvrage dans lequel Aldini (1) a réuniles belles recherches de Geoffroy à celles de Spallanzani et de Galvani, nous ne serons pasen état de comparer notre travail à celui qued’autres physiciens peuvent avoir fait avantnous. 1. Quoique la force de la torpille ne soit pasà comparer à celle du gymnotus, elle n’enest pas moins en état de causer des sensationsdouloureuses. Une personne très-accoutumée
(1) Mémoires sur la torpille, dans l’Essai sur le Galvanisme, T. II, p. 61.
|17| aux commotions électriques ne soutient qu’a-vec peine une torpille de quatre décimètresde long, et jouissant de toute sa vigueur.L’animal porte son coup sous l’eau et ce n’estque lorsqu’il devient plus foible que ce fluideempêche son action. M. Gay Lussac a observéque dans ce cas on ne commence à sentir lacommotion que lorsqu’on élève la torpilleau dessus de la surface de l’eau. Il en est de cepoisson, comme des grenouilles sur lesquelleson fait des expériences galvaniques. Les con-ditions sous lesquelles la contraction se faitsont différentes selon le degré d’incitabilitédes organes.
2°. J’ai observé dans l’Amérique méri-dionale que le gymnotus donne les commo-tions les plus effrayantes, sans faire aucunmouvement extérieur des yeux, de la tête oudes pennes. Il n’en fait pas plus qu’une per-sonne qui passe d’une idée, d’une sensation àune autre; il n’en est pas de même de la tor-pille. Nous avons observé qu’elle remue con-vulsivement les pennes pectorales chaque foisqu’elle lance son coup; ce coup se fait sentirplus ou moins fort selon que le contact se passedans une surface plus ou moins grande. 3°. On ne peut pas décharger à volonté lesorganes d’une torpille ou d’un gymnotus, |18| comme l’on décharge une bouteille de Leydeou une pile. On ne sent pas toujours de com-motion lorsqu’on touche un poisson électrique.Il faut l’irriter pour qu’il porte son coup; cetteaction dépend de la volonté de l’animal, quipeut-être ne tient pas toujours chargés sesorganes électriques; il les recharge avec unecélérité admirable, car il est en état de donnerune longue suite de commotions. 4°. Le coup se fait sentir (l’animal étantdisposé à le porter), que l’on touche d’un seuldoigt une seule surface des organes électri-ques, ou que l’on applique les deux mains auxdeux surfaces, à la supérieure et à l’inférieure, àla fois. Aussi, dans les deux cas, il est indifférentque la personne qui applique son doigt ou sesdeux mains soit isolée ou qu’elle ne le soit pas. 5°. Lorsqu’une personne isolée touche latorpille d’un seul doigt, il est indispensableque le contact soit immédiat. Aucune com-motion ne se fait sentir lorsqu’un corps con-ducteur, par exemple un métal, est interposéentre le doigt et l’organe du poisson. C’estpour cela que l’on touche impunément l’ani-mal par le moyen d’une clef ou de tout autreinstrument métallique. 6°. M. Gay-Lussac ayant observé cettecondition importante, nous avons placé la |19| torpille sur un plateau métallique, avec lequella surface inférieure des organes étoit en con-tact. La main qui soutient ce plateau ne sentjamais de commotion, lorsqu’une autre per-sonne isolée irrite l’animal et que le mouve-ment convulsif des pennes pectorales annonceles décharges les plus fortes de son fluide élec-trique. 7°. Si au contraire une personne soutientla torpille placée sur un plateau métallique dela main gauche, comme dans l’expérience pré-cédente (6°.), et si cette même personne touchela surface supérieure de l’organe électriquede la main droite, alors une forte commotionse fait sentir dans les deux bras à la fois. 8°. Ce sentiment est le même, lorsque lepoisson est placé entre deux plateaux métal-liques dont les bords ne se touchent pas, etlorsque l’on appuie des deux mains à la foissur ces plateaux. 9°. Au contraire aucune commotion dansles deux bras ne se fait sentir, si dans le cas pré-cédent (8°.) il existe quelque communica-tion immédiate entre les bords des deux pla-teaux métalliques. La chaîne entre les deuxsurfaces de l’organe est alors formée par lesplateaux et la nouvelle communication que |20| l’on établit par le contact des deux mains avecles plateaux est sans effet. 10°. L’électromètre le plus sensible n’indi-que aucune tension électrique dans les organesde la torpille; il n’en est aucunement affecté,de quelque manière que l’on l’emploie, soiten l’approchant des organes, soit en isolantle poisson, le couvrant d’un plateau métalli-que et en faisant communiquer ce plateaupar un fil conducteur avec le condensateurde Volta. Rien n’indique ici, comme dans legymnotus, que l’animal modifie la tensionélectrique des corps qui l’entourent. 11°. Les poissons électriques agissant enétat de santé avec la même force sous l’eauque dans l’air, nous avons examiné la propriétéconductrice de ce fluide. Plusieurs personnesfaisant la chaîne entre la surface supérieureet la surface inférieure des organes de la tor-pille, la commotion ne s’est fait sentir quelorsque ces personnes se sont mouillé lesmains. Une goutte d’eau n’intercepte pas l’ac-tion lorsque deux personnes, qui de leursmains droites soutiennent la torpille, au lieude se donner la main gauche, enfoncent cha-cune un stilet métallique dans une goutted’eau placée sur un corps isolant. |21| 12°. En substituant en ce cas la flamme àla goutte d’eau, la communication est inter-ceptée, et ne se rétablit que lorsque les deuxstilets se touchent immédiatement dans l’inté-rieur de la flamme. 13°. Il faut encore observer que sous l’eaucomme dans l’air, la commotion ne se faitsentir que lorsqu’on touche immédiatementle corps des poissons électriques. Ils ne lancentpas leurs coups à travers la couche d’eau laplus mince, fait d’autant plus remarquableque l’on sait que dans les expériences galva-niques, où la grenouille est plongée dans l’eau,il suffit d’approcher la pincette d’argent desmuscles et que la contraction se fait lorsquela couche d’eau interposée a un ou deux mil-limètres d’épaisseur. Voici, mon respectable ami, les observa-tions principales que nous avons faites sur latorpille. Les expériences n.os 4 et 10, prouventque les organes électriques de ces animauxn’annoncent aucune tension, aucun excès decharge. On seroit plutôt tenté de comparerleur action à celle d’une réunion de petitesbouteilles de Leyde qu’à une pile de Volta.Sans chaine, aucune commotion ne se fait sen-tir et ayant senti des coups du gymnotus à tra-vers des cordes très-sèches, je crois que dans le |22| cas où cet animal puissant sembloit me donnerde fortes commotions sans l’existence d’unechaîne, cette dernière avoit lieu cependant àcause de l’imperfection de mon isolement. Sila torpille agit par des pôles, par un équilibreélectrique qui tend à se rétablir, les expé-riences 5 et 6 paroissent prouver que ces pôlesexistent les uns près des autres sur la mêmesurface de l’organe. On sent la commotion enne touchant qu’une seule surface de son doigt.Un plateau interposé entre la main et l’or-gane (6°.), rétablit lui-même l’équilibre, etla main qui soutient ce plateau ne sent rien,parce qu’elle est hors du courant. Mais ensupposant un nombre de pôles hétérogènessur chaque surface de l’organe, pourquoi encouvrant ces surfaces de deux plaques mé-talliques dont les bords ne se touchent pasentr’eux et en plaçant les mains sur ces pla-teaux, l’équilibre se rétablit-il vers les bras?Pourquoi, peut-on demander, l’électricitépositive de la surface inférieure, ne cherche-t-elle pas, dans le moment de l’explosion, l’élec-tricité négative du pôle voisin, et pourquoine le trouve-t-elle que dans la surface supé-rieure de l’organe électrique? Ces difficultésne sont peut-être pas insurmontables, maisla théorie de ces actions vitales demande |23| encore bien des recherches. Geoffroy a prouvéque les rayes qui ne donnent pas de signesd’électricité ont des organes très-analoguesà ceux de la torpille. La moindre lésion ducerveau empêche l’action de ce poisson élec-trique. Les nerfs jouent sans doute le plusgrand rôle dans ces phénomènes, et le phy-siologiste qui embrasse l’ensemble des actionsvitales s’opposeroit avec raison au physicienqui croiroit tout expliquer par le contact dela pulpe albumino-gélatineuse et les feuilletsaponévrotiques que la nature a réunis dansles organes de la torpille.