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Alexander von Humboldt: „Lettre de Monsieur A. de Humboldt. Au Citoyen Delambre, Membre de l’Institut National“, in: ders., Sämtliche Schriften digital, herausgegeben von Oliver Lubrich und Thomas Nehrlich, Universität Bern 2021. URL: <https://humboldt.unibe.ch/text/1803-Lettre_de_Monsieur-1> [abgerufen am 05.02.2023].

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https://humboldt.unibe.ch/text/1803-Lettre_de_Monsieur-1
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Titel Lettre de Monsieur A. de Humboldt. Au Citoyen Delambre, Membre de l’Institut National
Jahr 1804
Ort Paris
Nachweis
in: Annales du muséum national d’histoire naturelle 3 (An 12, 1804 [1803/1804]), S. 228–232.
Postumer Nachdruck
Humboldt. Correspondance inédite scientifique et littéraire, herausgegeben von Jean Bernard Marie Alexandre Dezos de La Roquette, 2 Bände, Paris: E. Ducrocq 1865/1869, Band 1, S. 170–174 [Brief vom 29.7.1803 an Delambre].

Lettres américaines d’Alexandre de Humboldt (1798–1807), précédées d’une Notice de J.–C. Delamétherie et suivies d’un choix de documents en partie inédits, publiés avec une introduction et des notes par le E.T. Hamy, Paris [1905], S. 164–168 [Brief vom 29.7.1803 an Delambre].

Alejandro de Humboldt. Cartas americanas. Compilación, prólogo, notas y cronología Charles Minguet. Traducción Marta Traba, Caracas 1980, S. 118–121. [Brief vom 29.7.1803 an Delambre] [span. Übersetzung].

Alexander von Humboldt, Briefe aus Amerika 1799–1804, herausgegeben von Ulrike Moheit, Berlin: Akademie 1993, S. 242–247 [Brief vom 29.7.1803 an Delambre] [nach Briefmanuskript].
Sprache Französisch
Schriftart Antiqua
Identifikation
Textnummer Druckausgabe: II.21
Dateiname: 1803-Lettre_de_Monsieur-1
Statistiken
Seitenanzahl: 5
Zeichenanzahl: 6930

Weitere Fassungen
Lettre de Monsieur A. de Humboldt. Au Citoyen Delambre, Membre de l’Institut National (Paris, 1804, Französisch)
Nachrichten vom Herrn von Humboldt (Berlin, 1803, Deutsch)
Auszug eines Briefs des Hrn. Alexander von Humboldt an Hrn. Delambre (Weimar, 1804, Deutsch)
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LETTREDE MONSIEUR A. DE HUMBOLDT. Au Citoyen DELAMBRE, Membre de l’InstitutNational.


Je continue, mon digne ami, à vous donner des nouvellesdes progrès de mon expédition; j’ai cherché tous les moyenspossibles de faire parvenir des nouvelles à vous, au citoyen Chaptal, au citoyen Desfontaines et à notre bon et cherami Pommard. ―― Mais hélas! me voilà depuis trois anssans aucune réponse; je ne sais qu’en penser: cela m’affligesouvent ..... ―― Je ne perds pas courage; je travaille sanscesse, et je m’imagine que nous nous communiquons aumoins par les satellites dont vous et l’immortel Laplace avez réglé la marche. J’ai donné au citoyen Chaptal ledétail de mes dernières courses dans la province de Quito,de notre entrée à l’Amazone par Jaen de Bracamoros, La Condamine n’avoit pas pu déterminer la longitude, denotre séjour à Lima, de notre navigation d’Acapulco, danslaquelle j’ai achevé de me confirmer dans l’idée que la |229| boussole d’inclinaison de Borda ne peut pas seulement sup-pléer à la latitude, mais même dans certains parages (oùles cercles de déclinaison suivent les méridiens) à la longi-tude sur mer. Je compte publier un grand nombre d’ob-servations à ce sujet, et je ne doute pas que la théorie netrouve des moyens de suppléer à celles qui me manquentencore. Je ne vous parle aujourd’hui que d’une découverteque je crois avoir faite sur la longitude de la capitale duMexique où j’ai observé, sous un ciel nébuleux et perfide,(à 1160 toises au-dessus de la mer), depuis le 11 mai. Ex-cusez si je vous parle d’après l’ancien style; malgré toutesmes prières, je n’ai pu me procurer vos Connoissances destemps. Vous vous souvenez sans doute que Chappe n’a pasobservé ici, et qu’avant 1769 on plaçoit Mexico à 106° 1′de Paris....... (Suit le détail d’observations astronomiques, d’où il ré-sulte que la longitude de Mexico est de 101° 22′ 30″ ou de6h 45′ 30″ à l’ouest de Paris, et celle d’Acapulco de 102°10″ ou 6h 48′ 40″.) J’ai aussi observé des satellites dans ce climat affreuxd’Acapulco, mais Jupiter étoit trop près de la conjonction.En outre du grand nombre d’observations que j’ai faitesdans l’intérieur des terres, depuis la mer du sud jusqu’auMexique, j’ai déterminé aussi plusieurs points au nord-est,vers Actopan et Totonilco. Je pars dans trois jours pour les parties du nord versGoanaxoata où les mines produisent plusieurs millions depiastres par an. J’ai commencé l’analyse des eaux des lacsdu Mexique, qui contiennent beaucoup de carbonate desoude et de muriate de chaux, du gaz hydrogène sulphu- |230| reux...... J’ai dessiné un plan très-curieux qui offre enprofil la coupe du terrain depuis la mer du nord jusqu’à celledu sud, indiquant les élévations du sol, les vraies distancesen longitude, jadis incertaines à 30 ou 40 lieues; l’élévationà laquelle croît telle ou telle plante, par exemple les chênes,les sapins, le yucca filamentosa..... J’ai continué ici les tra-vaux minéralogiques, ceux sur l’analyse de l’air, sur l’hy-grométrie...... Je me flatte que nous rapporterons des ma-tériaux très-précieux..... Vous connoissez l’immense acti-vité de mon compagnon le citoyen Bompland; je puis meflatter que notre herbier est un des plus grands qui ait étérapporté en Europe. Nos manuscrits contiennent plus de6000 descriptions d’espèces; j’ai fait un grand nombre dedessins de palmiers, de graminées et d’autres genres rares:nous rapportons plusieurs travaux sur l’anatomie comparée,beaucoup de caisses d’insectes, de coquilles. Nous prouve-rons au public ce que deux hommes peuvent faire lorsqu’ilsont de l’activité et de l’énergie; mais le public voudra bienne pas oublier de son côté qu’il est impossible que deuxpersonnes soient capables de produire, d’exécuter ce quel’on a vu faire en d’autres expéditions à des sociétés de gensde lettres, réunies aux frais du Gouvernement. J’ai envoyé à l’institut national comme une foible marquede ma reconnoissance, de Carthagène des Indes, deuxcaisses contenant plus de 100 dessins enluminés des plantesde M. Mutis, un travail sur le genre Cinchona, des os del’éléphant carnivore de Suache à 1300 toises de haut; deGayaquil par le cap Horn, une collection de produits vol-caniques de la province de Quito, sur-tout du Chimborazo,sur lequel, le 25 juin 1802, nous avons porté des instru- |231| mens à 3015 toises de hauteur (4 à 500 toises plus haut que la Condamine au Corazon) voyant baisser le mercure à13 p. 11,2 lign.; le froid n’étoit que 1°,3 R.r et l’air n’ycontenoit que 0,20 d’oxigène, tandis que 2000 toises plusbas il y en avoit 0,285. Cette collection de Quito est arrivéeà Cadix, à ce que nous avons appris, sur la frégate laGuadeloupe; et je ne doute pas que M. Hergen, directeurdu cabinet minéralogique de Madrid, ne l’ait remise à l’am-bassadeur de la République. Je viens d’envoyer une qua-trième caisse de minéraux du Mexique, adressée à l’ins-titut national par la voie du citoyen Coissin, qui part d’icipour un des ports de France. Daignez me rappeler à lamémoire de cette illustre société, et la supplier de vou-loir bien agréer avec bonté ces foibles marques de mon atta-chement respectueux. Je vous ai marqué plusieurs fois que la longueur de noscourses dans les Andes, l’état de nos instrumens, le manquede toute communication avec l’Europe, et la crainte de ris-quer le grand nombre de manuscrits et dessins que nouspossédons, m’ont fait abandonner le projet des Philippines.Je ne l’ai abandonné que pour le moment; car j’ai encorebien des projets sur les Grandes-Indes, mais je veux pre-mièrement publier les fruits de cette expédition. J’espèreêtre auprès de vous au commencement de l’année prochaine;il me faudra au moins deux ou trois ans pour digérer lesobservations que nous rapportons. Je ne parle que de deuxou trois ans: ne riez pas de mon inconstance, de cette maladie centrifuge dont madame *** nous accuse mon frère et moi. Tout homme doit se mettre dans la position danslaquelle il croit être le plus utile à son espèce, et je pense |232| que moi je dois périr ou sur le bord d’un cratère, ou en-glouti par les flots de la mer; telle est mon opinion dansce moment, après cinq ans de fatigues et de souffrances;mais je crois bien qu’en avançant en âge, et jouissant de nou-veau des charmes de la vie d’Europe, je changerai d’avis.«Nemo adeò ferus est, ut non mitescere possit.» Le vomissement noir fait des ravages affreux à la Havanne,à Véra-Crux, depuis le mois de mai. Je ne pourrai des-cendre de ce côté qu’au mois de novembre. Ayez la bontéde présenter mes respects aux citoyens Laplace, Lalande, Chaptal, Berthollet, Fourcroy, Vauquelin, Desfontaines, Jussieu, Ventenat, Guyton, Cuvier, Hallé, Adet, Lamarck,et à tous ceux qui m’honorent de leur souvenir. Mille ami-tiés et respects à la famille des ***; j’embrasse de cœur etd’ame mon ancien et cher ami le citoyen Pommard, etc., etc.